Médium CélineA cheval entre deux mondes, la medium Céline Boson Sommer concilie quotidien et spirituel. Un don dont elle a fait son métier.

« J’essaie de vivre avec les vivants avant de vivre avec les morts ». Simple et authentique, Céline présente la médiumnité comme son gagne-pain. Loin des strates spirites et des idées reçues, elle pratique depuis plus de 15 ans dans son atelier à Martigny.


L’aventure débute avec la sortie du film documentaire, « Mediums, d’un monde à l’autre », qui fait le portrait de la médium en mélangeant savamment scènes de consultation médiumnique et de guérison avec des témoignages sur le vif de clients sceptiques et convaincus. Alors que la peur de la sorcellerie et du chamanisme est encore présente aujourd’hui dans l’inconscient collectif, le but de la valaisanne est de prouver la vie dans l’au-delà. D’une simplicité et d’une humanité déconcertante, la médium-guérisseuse se livre sans complexe à la caméra pour révéler au grand public un métier qui peine encore à faire sa place dans le monde de la science.

La médiumnité, une variante spirituelle ?

Sur la seule base du prénom et de la date de naissance de la personne, Céline Boson Sommer développe ses capacités médiumniques pour entrer en méditation, un état secondaire modifié, et prendre contact avec le monde des défunts. « C’est un travail de communication, mon seul rôle est d’être une connexion entre le monde spirituel et le monde des vivants. »

Dans le documentaire, elle lance le défi de convaincre les plus sceptiques. Elle se livre alors à l’exercice et offre des consultations par annonce. Quelques personnes répondent à l’appel et se rendent au rendez-vous. Défendant de ne croire que ce qu’elles ne voient, elles en ressortent changées et s’interrogent sur ce qu’elles ont entendu.

L’être humain, même le plus rationaliste, est donc toujours en quête de sens ? C’est l’avis de Céline qui est persuadée que tout un chacun est un médium potentiel, il suffit de développer sa part spirituelle. Elle-même se dit être croyante et pouvoir tirer des informations sur les personnes qui l’entourent en puisant à la source suprême qu’elle appelle Dieu.
Pour une des clientes, la consultation médiumnique est un don d’énergie, la fortification d’une foi et un apaisement. Elle n’hésite pas à comparer la praticienne à une sainte, ce relais entre terre et ciel.

Y a-t-il des preuves pour la vie après la mort ?

Entre la science qui n’a pas de réponse et la religion qui n’a pas les moyens, la médiumnité tente d’expliquer la mort. C’est au travers de témoignages de médecins et de scientifiques que le travail de preuve se fait. Ces derniers touchent quotidiennement à la question de la mort et certains collaborent même avec la médium pour des séances de guérison.
C’est à un anesthésiste-réanimateur que l’on doit l’observation d’une activité de la conscience chez ses patients alors que leur cerveau est éteint. Il est alors considéré comme un seul émetteur-récepteur de la conscience qui continue, elle, d’émettre des signaux électriques et permet une communication avec le monde des vivants.

La transe dans laquelle les médiums entrent est, elle, expliquée par une diminution de l’activité électrique du cerveau comparable à la perte d’activité avant la première phase de sommeil.
Selon des études menées au Collège de médiumnité Arthur Findlay en Angleterre, le champ électromagnétique se révèle sous la forme d’auras de couleur qui se modifient lorsque les connexions avec l’au-delà se font.
A l’aide d’un appareil capable de photographier les vibrations que les champs d’énergie émettent, les états de transe peuvent maintenant être révélés par les changements de couleur de ces auras.
C’est à ce Collège que Céline Boson Sommer a reçu sa formation et son titre de médium qu’elle met au service d’une clientèle qui a soif de réponses et qui essaie de donner un autre visage à la mort. La médium s’y attelle en rejoignant un univers supralumineux, dépassant la vitesse de la lumière, où les espaces-temps ne sont plus qu’un. Elle y reçoit des informations venant du présent mais aussi du futur et du passé. Ce monde dans lequel elle se plonge régulièrement est peuplé d’esprits positifs avec lesquels elle fait le choix de travailler.

Sans pouvoir tirer de conclusions, le film laisse planer le mystère et appelle le public à écouter le monde spirituel.
Sortir des normes matérielles et revendiquer un métier en contact direct avec un monde invisible n’a pas été de tout repos pour Céline, mais c’est avec une assurance toute naturelle qu’elle le présente comme un don, une passion et qui sait, une nouvelle forme de travail social ?

« La médiumnité, cette religion de Welness »

C’est devant un parterre de plus de 100 étudiants et intéressés que la projection du documentaire et la conférence ont eu lieu à l’Université de Fribourg ce 12 mars. Sur l’initiative de la Fachschaft des sciences des religions, Céline a accepté de partager un débat aux côtés du professeur et historien des religions Helmut Zander et de la doctorante Magali Jenny, auteur de l’ouvrage « Guérisseurs, rebouteux et faiseurs de secret en Suisse romande ». L’historien a tôt fait de préciser plusieurs points saillants du film. D’après lui, la médium est le réceptacle d’un mélange de traditions religieuses telles que celle du Bouddha, le chamanisme et les traditions européennes du 19e et 20e siècle. Ce qui était décrit comme de la sorcellerie au Moyen-Âge correspond aujourd’hui à la médiumnité. Il reproche aux traditions européennes d’avoir effacer les esprits angoissants et les démons du monde spirituel, les religions et la médiumnité doivent donc être agréables et proposer des cures de Welness.

Il souligne également que vouloir prouver ces formes de spiritualité n’est pas pertinent. La religion ne fonctionne pas comme une science naturelle, l’erreur y est de rechercher de l’objectivité alors qu’il n’y en a pas. Les preuves n’existent pas, il ne s’agit que de certitudes personnelles qui font de l’art médiumnique ce qu’il est. Magali Jenny renchérit le fait que toutes les explications se valent et qu’il est « difficile de vérifier et de mesurer ce genre de pratique ».

Consciente de l’existence de plusieurs vérités, Céline rétorque ne pas vouloir chercher de preuves mais seulement montrer « des choses qui existent ». Armée de son tambour, à l’affût des vibrations, la chamane des temps modernes reste néanmoins un être humain qui reste les pieds sur terre.


Médiums, d'un monde à l'autre. Regie: Denise Gilliand, SUI, 2011, 66 minutes.

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